Versailles à l’heure américaine

Candice Rivière - 19 janvier 2021

Savez-vous qu’il y a six Versailles aux Etats-Unis ? Que c’est dans l’actuelle bibliothèque centrale que s’est joué le dernier épisode de la guerre d’indépendance américaine ? Pourquoi le monument Pershing-La Fayette est resté inachevé pendant 80 ans ? Où manger un burger maison et des cookies à tomber ? Alors qu’un nouveau président s’apprête à entrer à la Maison Blanche, zOOm vous embarque dans une échappée 100% américaine. 

Versailles et les Etats-Unis, plus de deux siècles d’amitié

 

Des liens étroits unissent Versailles et les USA. Les rues de la cité royale témoignent à elles seules de ce passé commun, à commencer par l’une de ses principales artères, baptisée avenue des Etats-Unis.

Un rôle clé dans l’indépendance américaine

C’est au château de Versailles, en 1777, que Louis XVI décide de soutenir le combat des Insurgents américains contre l’Angleterre. Après avoir reçu un émissaire secret du roi à Philadelphie, Benjamin Franklin est mandaté par le Congrès pour se rendre en France. Accompagné des diplomates Sileas Deane et Arthur Lee, il est reçu officiellement à la Cour le 21 mars 1778. Pour honorer ce francophile qui fut non seulement l’un des pères fondateurs des Etats-Unis mais également un scientifique de renom – on lui doit notamment le paratonnerre et les lunettes à double foyer –, une rue du quartier des Chantiers porte son nom depuis 1937.

Dans les coulisses, Vergennes, ministre des Affaires étrangères du roi, a déjà négocié un traité d’alliance. Signé le 6 février 1778, le texte reconnaît officiellement l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et marque l’entrée en guerre de la France contre l’Angleterre. L’armée française apporte un soutien de poids aux Insurgents. En 1781, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau se battent aux côtés de Washington et infligent une défaite décisive aux Britanniques à Yorktown. C’est à l’hôtel des Affaires étrangères et de la Marine, situé dans l’actuelle rue de l’Indépendance américaine et qui abrite aujourd’hui la bibliothèque centrale, que sera signé le traité de paix entre la France et l’Angleterre, le 3 septembre 1783.

Bibliothèque centrale et portrait de Benjamin Franklin ©Ville de Versailles – Nicolas Borel – Pierrick Daul / Versailles in my Pocket

Le monument Pershing-La Fayette, témoin de l’amitié franco-américaine

Surplombant la butte de Picardie, de part et d’autre de la route reliant Versailles à Ville d’Avray, le monument Pershing-La Fayette symbolise l’amitié franco-américaine. D’un côté le général Pershing, commandant du corps expéditionnaire lors de la Première Guerre mondiale, de l’autre le marquis de La Fayette, célèbre pour son rôle lors de la guerre d’indépendance. La version initiale du projet prévoyait deux colonnes accueillant des statues équestres en bronze, mais le mémorial dut être édifié à la hâte – en moins de 40 jours – afin d’être achevé pour la visite du général Pershing en France à l’automne 1937. Faute de temps et d’argent, les statues furent donc réalisées en plâtre. Malheureusement, celles-ci se dégradèrent très rapidement avec les intempéries et durent être retirées dès 1940.

Plusieurs tentatives pour les remplacer verront le jour au cours des décennies suivantes, sans succès. Il faudra attendre 2016 et la campagne de souscription lancée par l’association Pershing Lafayette Versailles pour que le projet se concrétise enfin. Grâce à la mobilisation de sociétés patriotiques franco-américaines et à la générosité de donateurs privés, les statues mesurant près de 5 mètres sont moulées en résine. Le monument rénové est inauguré le 6 octobre 2017, 80 ans jour pour jour après la première cérémonie, et 100 ans après l’entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de la France.

Inauguration du monument Pershing-La Fayette rénové ©Ville de Versailles – Pierrick Daul

Une longue tradition de mécénat

Si l’Hexagone a pu compter sur le soutien des Etats-Unis sur les champs de bataille, cette amitié se manifeste également sur le plan culturel. Avec 850 000 visiteurs annuels, les Américains sont les touristes étrangers les plus représentés à Versailles. Longeant la place d’Armes, l’avenue Rockefeller rappelle que John D. Rockefeller Jr., fils du magnat du pétrole, fut un généreux mécène du château dans l’entre-deux guerres. Homme d’affaires mais également philanthrope, il permit de redonner à la demeure de Louis XIV le lustre que les années et la guerre avaient terni. Réunis depuis 1998 au sein de l’association American Friends of Versailles, les grands donateurs américains perpétuent cet héritage en contribuant activement aux différentes campagnes de restauration.

Un petit air d’Amérique à Versailles

Sisters’ Café, le diner comme aux States

Notre balade vous a donné faim ? Glissez-vous sur une banquette du Sisters’ Café. Installé rue des Réservoirs depuis 1995, cet authentique diner nous plonge dans la culture américaine le temps d’un repas. On vient ici pour les burgers baptisés en l’honneur de nos héros de cinéma préférés. De John McLane à Marty McFly en passant par Don Corleone ou Indiana Jones, Hollywood s’invite dans nos assiettes. Les bambins ne sont pas en reste avec le menu Goonies. Le restaurant propose également des plats Tex-Mex ainsi qu’une sélection de bagels que vous pourrez arroser d’un milk-shake ou un Dr Pepper.

Sisters’ Café | 15 rue des Réservoirs 78000 Versailles | site Internet | Facebook | Instagram

Le Sisters’ Café ©AnnaClick

Kentucky Rain, une Américaine à Versailles

Lorsqu’on demande à Allison Laurent de nous parler des Etats-Unis, elle éclate de rire avant de lancer « Je ne suis pas sûre d’être la meilleure représentante de mon pays ! » Celle qui rêvait de la France depuis toute petite a profité d’un échange universitaire pour poser ses valises à Versailles il y a près de 30 ans et n’est jamais repartie ! Fan d’Elvis Presley, elle a baptisé sa boutique en souvenir de l’une de ses chansons. C’est donc une pure coïncidence si l’Etat du Kentucky compte une ville nommée Versailles – tout comme l’Ohio, l’Indiana, le Missouri, l’Illinois et la Pennsylvanie. « La vie est remplie de drôles de hasards » acquiesce Allison. De son enfance dans le Michigan et le Wisconsin, elle a gardé l’habitude de ne rien jeter et de réutiliser. Des préceptes qu’elle applique au quotidien : styliste spécialisée dans l’upcycling, elle chine tissus et modèles vintage pour confectionner des créations uniques, à son image.

Kentucky rain | 25 rue de la Paroisse 78000 Versailles | site Internet | Facebook | Instagram

Pierre et Tim, passion cookies

Que ce soit pour caler un petit creux ou par pure gourmandise, foncez chez Pierre & Tim. Les deux amis d’enfance revisitent à la mode versaillaise l’un des gâteaux les plus emblématiques des Etats-Unis. Savoureuse alliance de croquant et de moelleux, les cookies confectionnés dans leur atelier à partir d’ingrédients locaux combleront tous les palais. Envie de changement ? Craquez pour le brookie, ce gâteau hybride made in USA à mi-chemin entre le brownie et le cookie.

Pierre & Tim | Quartiers Notre-Dame et Saint-Louis | 9 passage Saint-Pierre et 14 rue de Satory 78000 Versailles | Site Internet | Facebook | Instagram 

Kentucky Rain – Pierre et Tim Cookies ©AnnaClick

Manhattan Pizza, la petite épicerie américaine

En plus des pizzas préparées sur place, cette enseigne propose une sélection de produits directement importés des Etats-Unis. M&M’s aux multiples parfums, Nerds, céréales Lucky Charms, Pop Tarts, popcorn Cracker Jack, Beef Jerky… Une adresse pour les petits plaisirs coupables.

Manhattan Pizza | 30 rue Saint-Charles 78000 Versailles | Site Internet | Facebook

De Salt Lake City au Chesnay

C’est au Chesnay, à quelques encablures du domaine de Trianon, que se trouve le seul temple mormon de France métropolitaine. Bâti sur une ancienne friche EDF, l’imposant bâtiment blanc de 7 000 m2 n’est accessible qu’aux fidèles, mais ses jardins sont ouverts au public. Il a été inauguré en avril 2017 en présence de Mitt Romney, candidat républicain opposé à Barack Obama lors de l’élection présidentielle de 2012 et membre influent de cette communauté. S’il existe plusieurs églises mormones en France (dont une à Versailles, rond-point de l’Alliance), les sacrements ne peuvent en revanche être célébrés que dans un temple. Fondée en 1830 dans l’Etat de New York par Joseph Smith, l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours dont le siège se trouve à Salt Lake City (Utah) compte 16 millions de fidèles à travers le monde, dont 38 000 en France.

Temple de Paris de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours | 46 Boulevard Saint-Antoine, 78150 Le Chesnay-Rocquencourt | Site internet

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