Apprendre à apprendre avec Claire Thouvenot

Anaïs Philippon - 5 janvier 2021

Parfois appelée Ortho-pédagogie ou pédago-thérapie et plus connue grâce au terme de « mind mapping », la gestion mentale traite des méthodologies de l’apprentissage, tandis que le renforcement cognitif fait travailler sur les problèmes de mémoire. Avec cette double casquette, Claire Thouvenot  accompagne les adultes et les élèves à travers des ateliers chaleureux, ludiques ou via un suivi plus personnalisé en individuel. Elle nous en dit plus sur son activité encore peu connue en France.

Les méthodes d’apprentissage : ce n’est pas un problème de QI !

Bonne nouvelle : un enfant qui a des difficultés dans son travail ou des mauvaises notes n’est pas une fatalité, et peut vite reprendre le dessus s’il comprend ses mécanismes d’apprentissage. Manque de concentration, difficulté à apprendre ses leçons, sur-activité, inattention, incapacité à mémoriser ses tables de multiplications ou panique aux examens, tous ces problèmes qu’un enfant peut rencontrer au cours de sa scolarité peuvent être traités et résolus grâce aux techniques de gestion mentale. Selon Claire Thouvenot : « chaque personne a un profil pédagogique, une sorte de langage de l’apprentissage. Il ne s’agit pas simplement de dire qui est visuel ou auditif, car le fonctionnement du cerveau est plus complexe que cela, mais de comprendre les stratégies mises en œuvre chez chaque enfant lorsqu’il apprend quelque chose ». La démarche de la gestion mentale a été élaborée en 1980 par Antoine de la Garanderie, philosophe et pédagogue qui, en étudiant le fonctionnement du cerveau, a observé cinq mouvements différents appelés « gestes de la connaissance » : l’attention, la mémorisation, la réflexion, la compréhension et l’imagination créatrice. Tout ce que nous faisons active une ou plusieurs de ces fonctions et leur prise de conscience nous permet de mieux les utiliser pour optimiser notre façon de traiter l’information. Pour cela, Claire accompagne, individuellement ou en atelier, les enfants, adolescents ou étudiants pour les aider à trouver leurs propres leviers d’apprentissage grâce à différents outils (cartes mentales, fiches, dialogues pédagogiques, évocations). « Un enfant qui bloque parce qu’il doit apprendre du jour au lendemain une leçon de six pages sur la Révolution française, par exemple, je vais l’aider à organiser ses idées de la façon qui correspond à son profil pédagogique. La gestion mentale n’est pas une recette toute faite qu’on plaque sur les gens ; c’est proposer des outils qui vont permettre à chaque personne de prendre conscience de ses habitudes mentales » explique Claire qui accompagne des enfants du CE2 à la prépa. « Les élèves de collège et Lycée viennent surtout me voir parce qu’ils ont des soucis dans la prise de notes pendant les cours, qu’ils ont du mal à structurer leurs idées en dissertation, ou à s’organiser dans leur travail. Il y a aussi beaucoup de problèmes d’inattention, de concentration et donc de mémorisation. Je fais des exercices avec eux, mais j’organise également des ateliers où on aborde les mêmes choses avec des jeux, car c’est un excellent moyen de trouver ses stratégies mentales » précise Claire. Son but : que les enfants reprennent confiance en eux, gagnent en autonomie et en efficacité dans leur travail. Un enfant bon en mathématiques mais qui peine en grammaire va pouvoir, s’il comprend sa façon de fonctionner, appliquer les bonnes pratiques dans les autres matières.

50% des élèves accompagnés sont « dys » (dyslexie, dyscalculie et dysorthographie), ont des troubles de l’attention (TDA) ou sont précoces. Le travail de Claire est en effet complémentaire de celui des médecins ou praticiens : « La précocité est une sorte de fulgurance de l’esprit. Les enfants précoces vont avoir immédiatement le résultat en maths par exemple, mais ne vont pas savoir détailler le raisonnement pour y arriver. On travaille donc sur les étapes et l’organisation de la pensée, comme pour une composition » témoigne celle qui intervient actuellement à Blanche de Castille pour suivre des élèves à la demande de professeurs. Formatrice auprès du personnel pédagogique, notre spécialiste accompagne également les parents sur l’aide aux devoirs. Car avant d’être avec les enfants, elle travaillait surtout pour les adultes.

Atelier mind mapping ©AnnaClick

Des cadres sup’ aux élèves

Après quinze années comme consultante en organisation dans le secteur de la banque, Claire découvre avec ses enfants les difficultés d’apprentissage et le casse-tête des devoirs à la maison. « Mon aînée passait plus d’une heure à essayer d’apprendre son cours d’histoire, donc je me suis mise à déployer tous les outils que j’utilisais en entreprise pour l’aider à trouver des stratégies de mémorisation ». Passionnée par ces problématiques, c’est lors du congé parental de son quatrième enfant qu’elle décide de se former en gestion mentale : « je me suis dit que j’allais faire avec les élèves ce que je faisais avec les cadres » raconte-elle avec enthousiasme. Lors de sa formation, elle passe deux ans en structure scolaire tout en débutant l’accompagnement individuel à Paris. Installée à son compte depuis 2018, elle complète sa formation sur la déficience de la mémoire auprès d’une infirmière formatrice en EHPAD. Car, en plus d’animer des conférences et d’accompagner les élèves, les parents ou les personnels pédagogiques, cette jeune mère de 47 ans anime également des ateliers pour adultes sur la mémoire.

« La mémoire, ça se travaille ! »

Ce vieil adage parental qu’on a tous entendu derrière notre pupitre n’est pas totalement infondé. Toutefois, on n’en sait pas plus sur la façon dont la mémoire fonctionne, ni comment il faut la faire travailler : en stimulant les activités cognitives, répond Claire qui propose des ateliers mémoire. « J’ai des adultes entre 40 et 80 ans qui participent à ces ateliers parce qu’ils souhaitent comprendre les rouages de leur cerveau et renforcer leur attention et leur mémoire ». Quand on ne se souvient plus du nom de la personne croisée il y a deux minutes, le titre d’un film vu la veille ou bien que l’on passe sa vie à chercher son portefeuille, il peut être intéressant de prendre conscience de nos mécanismes cognitifs en prévention du vieillissement de la mémoire. Les ateliers en groupe proposent donc, dans un cadre convivial, autour d’une tasse de thé à la Librairie La Suite à Versailles, de faire des exercices ensemble et de passer un bon moment. « J’ai des participants qui me disent que l’atelier les ont rassurés car ils croyaient avoir un problème, alors qu’en fait ils ont simplement compris leur fonctionnement mémoriel » s’émerveille Claire qui tient cependant à dire qu’elle ne peut pas traiter les pathologies (type Alzheimer), mais aider à trouver des astuces pour pallier les effets de la maladie.

Des ateliers, donc, pour petits et grands, pour nous aider aux différentes étapes de la vie à comprendre et mieux faire marcher notre cerveau. Utile en effet, surtout à l’heure où les stades et les clubs de sport sont fermés, car cette activité ne nécessite pas de dérogation !

En attendant la réouverture de la librairie, Claire continue d’accompagner les personnes qui le souhaitent en individuel ou en visioconférence.

Pour plus d’informations :

Claire Thouvenot 06 82 35 36 71 | email

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