Le Palais des Bricoles : la brocante déco-rétro chic en ligne

Anaïs Philippon - 24 février 2020

Pressés que nous sommes dans nos vies ultra remplies, il devient compliqué de trouver du temps pour aller chiner de jolis meubles ou objets de décoration. Difficile aussi de sacrifier les rares grasses-matinées que nous avons pour aller aux aurores et à l’autre bout du département, fouiner dans les vides-greniers afin de dénicher « LE truc-rare-et-pas-cher », et de faire « LA bonne-affaire-du-siècle ». D’où l’idée de la brocante en ligne ! S’il en existe plusieurs aujourd’hui, Marguerite Goupil de Bouillé était cependant une des premières à proposer ce concept, et son œil d’expert a payé : « Le Palais des Bricoles » jouit à présent d’un franc succès et se démarque des autres sites de brocantes par son offre riche, audacieuse et de qualité. Zoom sur cette entrepreneuse avant l’heure.

Le Palais des bricoles ©Art Shooting

Face-à-main, daguerréotypes, boutons à col, bras de lecture, globes de mariée, cendriers à oreilles ou tastevins ne sont pas des noms d’oiseaux, mais de délicieux petits objets qui ornaient l’intérieur de nos grands-parents, ou arrières ! Disparus de nos appartements, Marguerite a fait le pari de les faire revivre pour nous, et nous invite à redécouvrir leur charme et les réintégrer dans nos maisons : « Quand j’ai commencé, les jeunes n’étaient pas trop portés sur l’ancien, mais je pense qu’on peut les y aider en mettant bien en valeur les objets et en leur montrant comment les utiliser dans notre quotidien ».
Si aujourd’hui le vintage est devenu furieusement tendance et le “seconde-main”, terriblement écolo, Marguerite, qui n’a jamais acheté un torchon neuf, n’a pas attendu toutes ces mouvances pour recycler les vieux objets. Car pour elle, plutôt que de vieilles babioles, ce sont de « jolies choses », et quand elle en parle, le temps s’arrête. Le laiton, l’agate, le grès, le bois laqué, l’ivoire, le bambou ou le rotin, toutes ces matières désuètes qui peuplaient le quotidien de nos aïeux, tintent comme de l’or quand elle en parle. Chaque objet représente à ses yeux une petite œuvre d’art, et c’est avec des trémolos dans la voix qu’elle vous décrira cette tabatière des années folles, ou cette lithographie datant de la grande guerre. Pas de doute : c’est une passionnée ! Mais avant tout, il faut savoir reconnaître ce qui est beau, ce qui a de la valeur, et pour cela, être formé.

Des débuts dans le marché de l’art

Après un IUT de gestion, Marguerite réalise finalement son rêve en intégrant l’école du Louvre. « Je savais que je n’étais pas une artiste, au sens créatif du terme, mais j’avais très envie de travailler en lien avec l’art » confie-t-elle. Après plusieurs stages auprès de commissaires priseurs à Drouot, ou chez des antiquaires, elle travaille un temps au sein du cabinet Turquin (un des plus gros cabinets parisiens d’experts en tableaux anciens). Toutefois, la jeune Orléanaise se rend vite compte que le métier est monopolisé par quelques grands noms et qu’il lui sera impossible de faire sa place. « Je ne voulais pas rester une petite main toute ma vie, j’avais envie d’indépendance, de créer mon propre projet ». Loin d’être vaines, ces expériences ont contribué à aiguiser son regard de lynx sur les objets et tableaux anciens, qu’elle se met à glaner au gré de ses découvertes et coups de cœurs. Probablement la seule célibataire à se déplacer en « sept places » ! Marguerite n’a, en effet, pas attendu d’avoir 34 ans et trois enfants pour conduire un Espace afin de transporter ses trésors. « Depuis toujours j’achetais des choses qui me plaisaient dans les brocantes et vide-greniers, je me suis dit alors que je pourrais faire cela pour les autres : trouver ce qu’ils veulent depuis toujours mais qu’ils n’ont pas le temps de chercher ». S’il est difficile au début pour la chineuse de se défaire de ses « trouvailles », elle est vivement soutenue par ses parents, heureux de voir disparaître ce joli bazar qui s’empilait chez eux !

Le Palais des Bricoles

Ma petite entreprise ne connaît pas la crise

Avant même d’être mariée à un Chesnaysien et installée à Versailles, Marguerite, 25 ans, créé son premier site en 2009 : « Quand je me suis déclarée, c’était les débuts du statut d’auto-entrepreneur. A l’époque, il existait un ou deux sites de brocante en ligne seulement, mais ce n’était pas très « déco », ça faisait plutôt vide-grenier », nous raconte-t-elle, comme si on comprenait la différence. Précurseur sur le marché, « Le Palais des bricoles » attire rapidement les acheteurs. Sa force : proposer 1500 références quand les autres sites de brocante n’en avaient qu’une centaine. Sans compter les 5000 objets stockés dans son entrepôt qui attendent leur heure de gloire ! Guidée par son amour du bel artisanat, Marguerite veut redonner leurs lettres de noblesse aux savoirs-faire et manufactures françaises : Gien, Limoges, Baccarat, Sèvres, Jouy, et prend le temps de sélectionner des pièces de qualité, de valeur, mais aussi, chargées d’histoire ! De fait, aucun intérêt, pour notre historienne de l’art, à acheter une dame Jeanne neuve (grosse bouteille en verre verte) qui sera sans âme et plus chère ! « Ce que j’aime quand on m’appelle pour vider une maison ou lors d’une succession, c’est quand les propriétaires me racontent l’histoire de leurs objets : tel trophée qui leur rappelle un oncle parti chasser en Afrique, ce petit nécessaire de couture d’une grand-mère, ou encore ces jouets d’enfants transmis de générations en générations ». Pour Marguerite, la valeur symbolique, affective et émotionnelle est tout aussi forte dans son choix des pièces, que leur estimation objective. Ces objets authentiques, témoins d’une époque et d’un art de vivre, de ce passé proche que l’on peut ressortir des grandes malles de nos maisons de famille, sont des créations originales qu’il serait criminel de laisser pourrir dans un placard : montres à gousset, brocs à eau, marques-places, draps de lin brodés, vaisselles en faïence, sont les vestiges de ce XXème siècle porteur de tant de drames et de beautés à la fois.

Aujourd’hui, Le Palais des Bricoles vend partout en France ainsi qu’à l’étranger. Deux ventes par an à Versailles permettent également de profiter de la sélection déco de Marguerite. Du petit mobilier aux outils anciens, en passant par les bibelots, les livres, les jeux et habits d’époque, sur des thèmes aussi variés que la Marine, l’industriel, le bistrot, les voyages ou l’orientalisme : difficile de ne pas craquer dans ce cabinet de curiosités So Rétro ! Depuis cet été, notre experte a demandé à Marine-Agathe, acheteuse au Printemps et au top des tendances, de venir l’aider sur la communication. Un tandem art/déco qui semble bien marcher ! Approchée à plusieurs reprises par Selency (ex Brocante Lab, devenu une plateforme regroupant des brocanteurs), Marguerite préfère pour l’instant garder son indépendance et mener sa barque à sa guise. Une barque joliment chargée qui semble, après un rythme de croisière, prendre de l’allure, pour l’amour de l’art, du beau, de la déco d’antan et de maintenant !

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