Poussons la porte de l’Atelier de l’Ermitage à Versailles
Vous souvenez-vous de l’appel aux créateurs lancé par zOOm Versailles en novembre dernier ? Plusieurs d’entre eux avaient osé nous contacter pour que nous venions les rencontrer. De beaux échanges et des rencontres passionnantes avaient eu lieu, mais nous ne vous avions pas encore tout dévoilé. Une découverte particulière restait à partager.
Alors, levons le rideau sur l’Atelier de l’Ermitage, le collectif d’artistes et d’artisans d’art installé dans le Tiers-Lieu de l’Ermitage à Versailles.
Il était une fois…
Ce matin-là, j’ai rendez-vous avec l’une de nos lectrices de zOOm, Virginie Plisson, pour découvrir son travail de mosaïste.
Egarée dans un vaste parc au 23 rue de l’Ermitage à Versailles, je finis par trouver la porte d’entrée du « Chalet », comme elle me l’a indiqué : en haut d’un escalier extérieur, à l’arrière d’une vieille maison, au fond de ce parc qui rit de me voir perdue.
La curiosité l’emportant toujours, je pousse la porte.
Je me retrouve alors dans un grand atelier baigné de soleil, réchauffé par des tapis aux teintes chaudes, avec un joyeux mélange de couleurs et une odeur de bonheur.
Comme elle me l’a simplement annoncé, Virginie n’est pas seule. Autour d’elle, une autre mosaïste plongée dans des arabesques, un peintre égaré dans des pins toulonnais et quelques têtes aussi curieuses que moi qui accueillent zOOm Versailles avec joie.
Je rêve ? Non ! Je viens d’entrer, grâce à Virginie, dans ce qui deviendra quelques mois plus tard, le collectif les Ateliers de l’Ermitage.
Je les quitte en leur promettant de revenir avec l’équipe de zOOm. L’occasion d’impliquer toutes les zOOmettes dans cette rencontre artistique versaillaise.
Aparté n°1 avec Virginie Plisson, artisan mosaïste

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Virginie fourmille d’idées. Formée au marketing où elle a fait ses preuves dans la grande distribution, elle a su, au gré des rencontres et de séjours à l’étranger, saisir la chance de l’aventure entrepreneuriale. C’est emplie des couleurs du Mexique, et après un coup de cœur pour la cathédrale de la Sagrada Familia à Barcelone qu’elle se lance dans la mosaïque. Après des formations pour en maîtriser la technique, elle ose l’aventure artisanale. Elle est aujourd’hui fière de porter les couleurs créatives de sa famille d’entrepreneurs paysagistes, elle, qui avoue avoir auto-connu sa créativité dans sa jeunesse. La mosaïque est une école de patience et de précision. Assembler les tesselles est un art qui a traversé les siècles et dont elle aime l’intemporalité. La mosaïque parle vraiment de transmission. Virginie aime ces anciennes vitrines de commerce qui se parent de couleurs. Elle rêve de pouvoir leur rendre leur superbe et les remettre au goût du jour. Travailler sur des commandes est loin d’écrire sur une page blanche : c’est faire se rencontrer les désirs des gens, le lieu et la fonction de la mosaïque. À son tour, elle transmet son savoir en donnant des cours, mais elle aime aussi animer des ateliers de team building d’entreprise : « En travaillant de ses mains, on discute autrement. Chaque pièce de la mosaïque est importante, tout comme chaque collaborateur l’est, au sein de l’entreprise. Tous ensemble, ils œuvrent sur un projet pour produire un effet whaou !”
Pour en savoir plus: www.instagram.com/virginie.plisson.mosaique
zOOm Versailles au Chalet de l’Ermitage

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Quelques semaines plus tard, me voilà de retour au Chalet du Tiers Lieu de l’Ermitage pour une matinée d’échanges avec les dix artistes du collectif, avant un déjeuner partagé entre zOOm Versailles, les artistes et l’équipe de l’Ermitage.
Les chaises se rassemblent. Les échanges fusent. Très vite, les histoires individuelles se croisent pour dessiner leur aventure collective.
La curiosité n’est finalement pas toujours un vilain défaut. Elle permet de donner la parole à ceux qui ont tant à raconter.
Oser…
Pour comprendre la naissance de ce lieu artistique, il faut remonter quelques années en arrière, avant la période du Covid.
Bertrand Cumet, artiste peintre versaillais installé dans le quartier de l’Ermitage, se promène souvent avec ses enfants dans le parc Semallé. Curieux, il s’intéresse au domaine voisin : le Tiers-Lieu de l’Ermitage.
Le lieu appartient à la communauté religieuse des Sœurs Auxiliatrices qui a accueilli le siège de Fondacio, mouvement international de laïcs chrétiens qui œuvre pour révéler le meilleur de l’être humain et encourager l’engagement pour un monde plus juste et plus respectueux de la planète. Attaché à ces valeurs et à la terre, Bertrand s’investit bénévolement dans la vie du Tiers-Lieu.
Lorsqu’il cherche un atelier pour développer son activité de peintre, il repense à un vieux bâtiment oublié, situé au fond du parc : le Chalet. Autrefois, cette maison accueillait les novices des Sœurs Auxiliatrices. Le rez-de-chaussée est une ancienne chapelle aujourd’hui transformée en salle de réception, tandis que l’étage abrite vingt-quatre petites cellules utilisées comme débarras et espaces de rangement.
Bertrand propose alors d’y installer un atelier pour des artistes. À l’époque, la direction de l’Ermitage ne voit pas vraiment l’intérêt de cette demande. Le projet est mis de côté.
Aparté n°2 avec Bertrand Cumet, artiste peintre

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Artiste peintre au parcours professionnel riche, dont l’expérience nourrit une peinture d’une grande profondeur. « La main agit et prend son autonomie » me dit-il. Elle parle pour lui de ce qui l’habite. Bertrand recherche, à travers son art, à susciter l’émerveillement sur la création. Derrière ses panneaux panoramiques, il nous offre en fait, un paysage en triptyque parce qu’ « on trouve une vraie harmonie dans ce qui est trinitaire ». Nombre de ses tableaux parlent des arbres qui, au-delà d’être un sujet très graphique, leur rendent un bel hommage. « Ils nous offrent de quoi respirer, ils sont là pour nous abriter et ils sont, à chaque saison, source de beauté. » Il termine en me disant : « En hiver dans le parc de Versailles, il y a tellement de beauté à regarder dans le brun et le doré des troncs des arbres, qu’il est impossible de ne pas essayer de les saisir ». En l’écoutant, je ressens combien il est empreint de l’encyclique du pape François Laudato Si.
Pour en savoir plus: www.bertrandcumet.fr
Des chemins qui finissent par se croiser
Pendant ce temps, Mélanie Chanel, mosaïste, cherche elle aussi un lieu suffisamment vaste pour travailler sur des projets de grande dimension.
Elle visite plusieurs lieux à Versailles, dont le Château de la Maye, mais l’endroit est vide, sans vie et nécessite d’importants travaux. D’autres pistes sont évoquées, notamment rue d’Angevillers, mais rien ne se concrétise. Ces lieux sont toujours aujourd’hui en attente de seconde vie.
Aparté n°3 avec Mélanie Chanel, artisan mosaïste

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
De l’ingénieure chimiste qui a baignée dans les couleurs, à la responsable de développement produit dans le luxe, en passant, par l’expatriation malaisienne, Mélanie s’est remplie de beau et d’exigence. La découverte des mosaïques de la basilique San Marco à Venise déclenche chez elle un vrai coup de cœur. Manier les tesselles, c’est composer avec une diversité de matière et une richesse de couleur mais c’est aussi jouer avec les formes. Aujourd’hui, Mélanie compose des décors destinés à embellir sols, murs et surfaces. Patience, précision et sens esthétique guident son travail. Soutenue dans son projet par Artisan d’Avenir et Campus Versailles où elle a effectué une formation d’accompagnement des artisans avec quelques autres des Ateliers de l’Ermitage, elle sait trouver des appuis dans un réseau qui ne cesse de s’accroître autour d’elle. Elle a gardé des liens étroits avec le Campus dont elle accueille des élèves et où elle intervient avec Virginie lors de team building d’entreprise. Les Impétueuses, réseau auquel elle appartient également, lui insuffle aussi cette énergie que l’on ressent à son contact. Son carnet de commande se remplit et se délocalise même jusqu’en Aveyron où j’aurai bientôt la chance de voir son travail !
Pour en savoir plus : www.melaniechanel.com
Persévérer…
Au sein de l’Ermitage, l’idée proposée par Bertrand a fait son chemin. L’accord est finalement donné pour louer une partie du Chalet à quelques artistes. Le projet se montera alors en 2 mois ! Quand les choses doivent se faire, cela va très vite !
Bertrand et Mélanie se mobilisent immédiatement. Ils sont rapidement rejoints par Virginie Plisson, notre lectrice de zOOm, rencontrée lors d’une commande commune et qui cherchait justement un espace plus grand pour développer son activité.
Catherine Monin, artiste peintre et sculptrice, arrive également après avoir découvert sur Gens de Confiance, une annonce de location de bureau à l’Ermitage. Elle pensait louer un simple bureau, Catherine trouvera un atelier, ce dont elle n’osait rêver ! Tous les chemins mènent à l’Ermitage !
En septembre 2024, les quatre premiers artistes s’installent dans le Chalet.
Le lieu retrouve alors une âme créative.
Aparté n°4 avec Catherine Monin, artiste peintre

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Artiste multi facette, Catherine s’exprime à travers la peinture à huile, le dessin et la sculpture. Le dessin a toujours fait partie de sa vie, l’huile et la terre sont venus par la suite à sa rencontre. Son monde est peuplé d’animaux qui aiment prendre les accessoires des humains, tout comme le contraire : un chien porte un collier, une femme, un bec de corbeau. Un univers créatif à la frontière entre la réalité et le conte où le déguisement trouve une grande place. Catherine laisse voir son état intérieur quand elle se dévoile. Le week-end quand elle vient travailler au calme, elle aime faire le tour de « la maison » comme elle appelle le Chalet. Elle regarde le travail des autres avancer, elle voit leurs œuvres prendre forme et elle se réjouit vraiment de faire partie du collectif. Catherine est remplie de cette sensibilité qui nous touche quand les mains disent plus que les mots. Je la rejoins.
Pour en savoir plus: www.instagram.com/catmonin/
Un lieu habité par l’art

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Le Chalet possède déjà une histoire artistique
Après avoir été laissé à l’abandon par les novices des Sœurs Auxiliatrices, cet endroit a été l’atelier pendant des années, du Père Igor, jésuite en résidence à Ginette, iconographe mondialement reconnu qui y travaillait et y donnait des cours. Encore aujourd’hui d’anciennes élèves se souviennent avoir appris à écrire des icônes ici !
Ce passé artistique semble toujours habiter les lieux par l’esprit qui y règne.
Terre, Verre, Huile et Bois
Après l’installation des premiers artistes, plusieurs espaces restent encore disponibles à l’étage.
Le Tiers-Lieu de l’Ermitage accepte finalement de mettre en location tout le reste de l’étage jusque-là toujours dédié aux archives.
Il faut alors se retrousser les manches pour aménager les lieux et créer de nouveaux ateliers.
Les futurs locataires contribuent pleinement à l’aventure.
Bertrand de Miollis, artiste peintre reconnu, un habitué des ateliers collectifs, apporte son expérience et ses idées. Il dispose aujourd’hui de deux espaces de travail et d’un espace de stockage, ce qui lui permet d’accueillir du public et d’organiser des stages.
Aparté n°5 avec Bertrand de Miollis, artiste peintre

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Artiste peintre et graveur, peintre officiel de la Marine, Bertrand manie les pinceaux autant que la linogravure avec talent. Curieux de tout, il accumule les expériences et les techniques pour travailler sur ses œuvres. Tout est source de création. Lui qui a voyagé à travers le monde, accompagnant parfois les aventures de Sylvain Tesson, a, en toutes occasions, noirci des carnets de voyages et rempli son esprit de paysages et de visages. Le voyage habite son talent. Le 2ème mouvement du concerto n°23 de Mozart retentit derrière nous et nous vibrons sur cette mélodie qui le replonge dans les coulisses de l’Opéra Garnier, lui évoquant son ballet préféré, le Parc de Preljocaj, et les souvenirs d’instants croqués sur le vif qu’il me montre. Toutes ses émotions consignées dans des carnets finissent par éclater à plus grande échelle sur ses toiles. Par la lumière, Bertrand nous attire dans un ciel, nous plonge dans les eaux profondes, nous engouffre dans une fenêtre à l’écart, nous aspire dans un vert intense qui surgit dans un coin du paysage ou nous entraine dans une danse qui s’envole. Il se réinvente toujours et encore, comme aujourd’hui en collaborant avec des institutions pour des créations de design textile, ou en proposant une expérience digitale qui associe peinture et nouvelles technologies. Il est persuadé qu’un artiste doit aussi être un entrepreneur.
Pour en savoir plus: www.bertranddemiollis.com/
La création se nourrit de tout les éléments que l’on trouve sur notre planète.
Il existe pour chacun un moyen de se réaliser à travers l’art.
Pour Iris Denizet, ce sera finalement par la terre.
Cooptée par les artistes déjà en place, avec elle, c’est la sculpture qui entre en scène au Chalet.
Aparté avec n°6 Iris Denizet, artiste sculptrice

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Issue du spectacle vivant, à l’origine comédienne et scénariste, Iris a aujourd’hui changé de cap. Elle laisse ses mains œuvrer pour nous offrir le spectacle de ses sculptures. Elle modèle la terre argileuse qu’elle cuit dans le four qui trône dans son atelier. Certains sujets auront droit d’être fondu en bronze chez un fondeur de la région. Maman de 3 enfants, ses œuvres parlent de mouvement et d’élan vital. Elles disent les émotions qui habitent nos corps. Iris laisse ses mains donner vie à ses sujets de deux façons différentes : soit en partant du bloc terre qu’elle creuse pour laisser naître sa forme, soit inversement, en partant de rien et en montant sa terre petit à petit pour aboutir à son sujet. Ses clients sont ce mari qui offre à sa femme « les amoureux », ou ces amis qui s’unissent pour offrir à l’un d’eux une sculpture, gage de leur amitié solide . Iris a traversé Versailles en courant pour rejoindre le Chalet de l’ Ermitage même si elle avoue avoir rêvé d’un atelier rue du vieux Versailles quartier Saint Louis. Un jour viendra où peut-être cette rue retrouvera cette vie créative.
En savoir plus: www.irisdenizet.fr
C’est au tour du verre de se faire une place dans les lieux.
À travers les mains de Camille Fages, le verre et le vitrail s’installent en bonne place dans l’atelier. Tout comme Mélanie, Camille a suivi la formation d’accompagnement des artisans aux métiers d’art du Campus Versailles avec qui elle est toujours en lien aujourd’hui. Elle vient juste d’ailleurs de commencer pour eux, à dispenser des cours pour un cycle de découverte et d’initiation à la pratique du vitrail.
Aparté n° 7 avec Camille Fages, artisan vitrailliste

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Après des études en école de commerce et une vie professionnelle intense, Camille découvre le verre et le vitrail. Fascinée par cette matière vivante qui capte et laisse passer la lumière en la sublimant, elle choisit de s’y consacrer. Après avoir orné nos églises et nos cathédrales, le vitrail fait son entrée dans nos habitations avec l’art nouveau et l’art déco. A l’époque on trouvait plus de 200 types de texture. Aujourd’hui même si le choix est moins riche, jouer avec les textures, les couleurs du verre et ses propriété technique est au cœur du travail de Camille. Un sertissage au plomb le complète pour assembler les motifs et faire naître une œuvre qu’elle crée sur commande ou pour restaurer les œuvres du passé que ses clients lui confient. Justement, je la quitte pour la laisser dévoiler avec émotion ce colis qui vient d’arriver et qui abrite la fenêtre que les voisins lui donnent à restaurer. Son rêve : voir les architectes oser à nouveau intégrer le vitrail dans l’architecture contemporaine.
En savoir plus: www.instagram. atelierarrayade
Marie Gay de Tailly, artiste peintre depuis 30 ans, vient apporter sa touche de peinture, ses pinceaux et ses châssis dans un des petits ateliers qu’il reste.
C’est une joie pour elle de se remplir de l’énergie des artistes du Chalet.
Malheureusement, aujourd’hui elle n’a pas pu se rendre disponible mais j’ai eu la chance de la rencontrer lors d’un autre événement au chalet.
Aparté n° 8 avec Marie Gay de Tailly, artiste peintre

© Marie Gay de Tailly
L’odeur de térébenthine nous guide vers le travail de peinture à huile de Marie. De la nature morte aux paysages, son coup de pinceau nous entraîne dans des univers très différents. Figuratifs ou abstraits, ces tableaux ont en commun de toujours laisser passer la lumière. Ils nous font voguer dans l’écume des vagues ou nous perdre dans les nuages. Habités de visages, de dos ou de nuques, ces tableaux peuvent aussi tout simplement nous dévoiler une silhouette entre ombre et lumière.
Pour en savoir plus: www.mariegaydetailly.fr/
Gabriel de Massia, « artisan lumière » comme il se définit, éclaire quant à lui le dernier espace disponible au bout du couloir avec ses créations lumineuses réalisées à partir de douelles de barriques de vin.
Aparté n°9 avec Gabriel de Massia, passeur de lumière

© Nathalie Coster et © Gabriel de Massia
Chez Gabriel, les idées prennent vie et les rêves se concrétisent. Entreprendre est tout sauf un vilain mot pourvu que création et esthétisme s’y mêlent. Issu d’une famille de vignerons, Gabriel a toujours vu ces vielles barriques de chêne pourrir devant les caves. Pourtant, elles sont issues de la partie la plus noble de l’arbre. Sélectionnées sans nœud pour éviter la porosité, il faut environ une vingtaine de douelles pour faire une barrique. Elles deviennent matière première dans les mains de Gabriel qui sélectionne celles à qui donner une seconde vie lumineuse. Après avoir suivi un accompagnement aux métiers d’art au Campus Versailles pour se lancer, il fait une formation en électricité pour lui permettre de transformer ses douelles en objets luminaires. Applique, suspension, lampe de bureau ou lampe à poser… Gabriel travaille un objet unique ou des petites séries. Les maisons de vin ou tout utilisateur de barrique sont son cœur de cible mais tout amoureux du bois trouvera dans ses luminaires une chaude et lumineuse poésie.
Pour en savoir plus: www.instagram.com/gabdemassia/
Voilà le Chalet désormais plein à craquer et foisonnant de créations.
Pourtant même sans espace supplémentaire, la dynamique continue !
Capucine Minot, dessinatrice revenue d’expatriation africaine, rejoint l’aventure.
Elle s’installe dans la maison d’origine du lieu, aujourd’hui nommée Maison Notre Dame, qui était le refuge de Madame de Pompadour. Celle-ci l’avait fait bâtir pour s’éloigner de la cour et y trouver le repos : son petit Ermitage.
Même si Capucine est physiquement éloignée des autres artistes, elle se sent appartenir à la même source créative qu’eux.
Aparté N°10 avec Capucine Minot, artiste dessinatrice

© Nathalie Coster et © Amal Khoudi
Capucine a commencé par dessiner les maisons de famille de ses amis. La Cote d’Ivoire où elle vivra pendant 8 ans élargira son horizon et la lancera dans le dessin à la recherche de la matrice. Discuter avec elle nous fait voyager et plonger au cœur de la matière et de la texture. Capucine a su saisir la richesse exotique de ce qui l’entourait comme si elle voulait en ressentir toute l’essence. Son crayon s’use jusqu’au bout pour dessiner le mystère d’un petit cauri, la force d’un pachyderme, ou la féminité d’un peigne. De ses dessins, elle fait des tirages d’art qu’elle fait imprimer aujourd’hui encore sur cette terre africaine pour garder un lien avec ces femmes qui l’ont tant touchée. Elle se définit comme une artiste figurative, réaliste et matricielle. La couleur commence à rejoindre son œuvre sans délaisser la mine graphite qui l’accompagne depuis le début. En ce moment, Capucine est sorti de son atelier, elle expose chez Capsule Market jusqu’au 18 avril.
Pour en savoir plus: www.ateliercapucineminot.fr/
La naissance d’un collectif
Avec le regroupement de ces dix artistes, l’envie de créer un collectif devient évidente.
En février 2026 naît officiellement le collectif des Ateliers de l’Ermitage, avec un logo que les artistes ont imaginé tous ensemble et une arrivée remarquée sur les réseaux que je vous invite à revoir.
La vie au Chalet

© Virginie Plisson
Au Chalet, chacun est indépendant mais tous ensemble, ils œuvrent à le faire vivre.
Ici on est loin de la vie de bureau, il n’y a pas de hiérarchie ni de fonctionnement rigide.
Dans le collectif, il y a une vraie aspiration à l’harmonie plutôt qu’à la disharmonie, loin de l’art contemporain qui, parfois, voudrait que l’artiste laisse échapper la noirceur de son être.
Comme le résume l’artiste peintre Bertrand de Miollis : « Ici, il y a une vraie harmonie, autant entre nous tous que dans le travail de chacun. »
Dans ce lieu, les artistes travaillent tous beaucoup sur la lumière.
Ils partagent un besoin créatif tourné vers le beau, la quiétude, l’émerveillement et la vie.
Intégrer « le Chalet », c’est respecter l’esprit commun de cette maison et du Tiers Lieu de l’Ermitage.
Les techniques diffèrent — peinture, mosaïque, sculpture, vitrail ou création lumineuse — mais le regard des autres nourrit chaque pratique.
Ils sont unanimes : « Travailler seul c’est difficile. Ensemble on s’encourage, on s’écoute, on partage nos questions, on donne notre avis. C’est une force : on a tous élargi nos réseaux. »
Le collectif de l’Atelier s’inscrit également dans la vie du tiers-lieu de l’Ermitage.
Le hall d’accueil dans l’Orangerie fait office de place du village, c’est là que l’on a la chance de croiser tous les acteurs du Tiers-lieu, le temps d’un échange à la machine à café, à moins que ce ne soit près des bacs à compost ou du potager mandala installé dans le parc.
Certains artistes participent aussi à l’entretien du jardin, une façon de se reconnecter à la nature pour puiser son inspiration ou simplement en ressentir l’énergie.
En décembre 2025, le Chalet et l’Ermitage ont organisé ensemble un événement convivial : Vin chaud de Noël. Autour des braseros, voisins, visiteurs et artistes ont partagé un moment chaleureux.
Le Chalet des artistes dans la ville de Versailles
Le Chalet des artistes de l’Ermitage a suscité l’intérêt de la mairie et d’autres acteurs politiques. Le soutien aux artistes et aux artisans d’art est une préoccupation qui revient sur le devant de la scène.
Dans une ville au patrimoine aussi riche que Versailles, l’art trouve sa place et la transmission de savoir artisanal, un réel intérêt.
Qui sait, peut-être que le rêve de nos deux mosaïstes de participer à la réfection de la place du marché se réalisera ?
Le pot d’inauguration du chalet en juin 2025 puis les portes ouvertes des ateliers d’artistes en octobre ont déjà attiré de nombreux curieux et voisins. Mais pour beaucoup de Versaillais, le lieu reste encore un mystère.
Pas d’inquiétude : le collectif ouvrira ses portes le week-end lors des Journées Européennes des Métiers d’Art, du 7 au 12 avril 2026.
Une belle occasion de découvrir ce lieu unique.
Et l’histoire ne fait peut-être que commencer.
Deux designers graphiques devraient bientôt s’installer dans une autre aile de l’Ermitage.
Peut-être des futurs membres du collectif ?
Lorsque je quitte les artistes ce soir-là, une grande table a été dressée pour accueillir le dîner qui les réunit tous avec leurs conjoints.
Et moi je reviendrai vers vous pour vous guider vers le Tiers Lieu de l’Ermitage, découvert grâce aux artistes avec toute l’équipe de zOOm Versailles, pour vous faire connaître ce lieu de vie foisonnant d’initiatives.
Photo à la une : le collectif des Ateliers de l’Ermitage © Nathalie Coster

